« Qui est Souhail Chichah? », Extrait du livre « Quitter la réserve et refuser l’arène », aux « Editions du souffle ».

Alors qu’il a été diffamé plusieurs fois par de nombreux médias, nous voulions essayer de répondre à la question: « Qui est Souhail Chichah? » au travers de son parcours professionnel, académique et associatif.

Extrait du livre « Quitter la réserve et refuser l’arène », aux « Editions du souffle ».

En 1996, pendant ses études
d’ingénieur de gestion à la Solvay
Business School (ULB), Souhail
Chichah fonde le Cercle des Étu-
diants arabo-européens. Initiative
qui lui vaut le prix de l’Humanisme
de l’Université Libre de Bruxelles.
Sitôt fondé et sous sa direction,
le Cercle, en collaboration avec le
Librex (Cercle du Libre-Examen)
et l’Union des Étudiants juifs de
Belgique (UEJB) monte le projet
ULICE : un projet d’échanges et
de débats sur la question pales-
tinienne entre étudiants de l’ULB,
de l’Université de Ramallah et de
l’Université de Jérusalem.

 
Souhail Chichah quitte la prési-
dence du Cercle des Étudiants
arabo-européens pour prendre
la vice-présidence du Librex. En
tant que Président faisant fonc-
tion, et membre de la Fédération
des Étudiants francophones (FEF),
il participe activement à l’organi-
sation de la «Marche multicolore»
en compagnie de Roberto Do-
razio et de Gino Russo, contre la
fermeture des Forges de Clabecq,
entreprise sidérurgique dans la-
quelle travaillait son père, Abdel-
lah Chichah, comme ouvrier au
haut fourneau. Dans ce contexte,
Souhail lance une proposition de
débat public sur l’avenir de l’em-
ploi industriel en Wallonie.
 
Son intervention dans la manifes-
tation fait de lui une figure désor-
mais identifiée des médias. Inscrit
douzième sur les listes électorales
d’Ecolo aux élections législatives
de 1999, il décroche le sixième
score en nombre de voix. Il de-
vient alors attaché parlementaire
de Josy Dubié qui ambitionne de
travailler sur la criminalité finan-
cière et la finance éthique. Le sé-
jour de Souhail Chichah à Ecolo
est de courte durée : il quitte le
parti — au gouvernement — lors
de l’expulsion par la Belgique de
70 Roms. Expulsion qui vaudra
au pays une condamnation par
la Cour européenne des Droits de
l’Homme en 2002.
 
 (…) il devient directeur d’Eco-
Soc, centre d’entreprise d’éco-
nomie sociale de la FGTB. Dans
le même temps, il fait partie en
tant qu’expert économique de la
représentation de la FGTB auprès
de la Banque Nationale et du
Conseil Économique et Social. Le
nez dans les comptes d’Eco-Soc,
il découvre un montage financier
qui assure des revenus juteux à
ses supérieurs, lesquels tentent
de l’acheter en lui proposant un
poste «de choix». Souhail Chichah
démissionne. Peu de temps après
éclate l’affaire «Albert Faust».
 
Déçu tant par la politique institu-
tionnelle que par le milieu syn-
dical, il rentre dans le monde de
la consultance, dans un «big five»
anglo-saxon tout d’abord, ensuite
pour le groupe Bureau Van Dyck,
officine de consultance en straté-
gie et nouvelles technologies. (…)
Entre temps, son activité militante
se poursuit aux côtés du Collectif
contre les Expulsions. C’est la dé-
couverte de la réalité concrète des
«sans papiers».
 
Sa formation et son expérience
de gestionnaire amènent en outre
Souhail Chichah à participer au
développement d’un modèle éco-
nomique de micro- transferts (pe-
tites sommes d’argent pour les mi-
grants dans l’urgence ou qui n’ont
pas accès aux services bancai-
res), système qui leur permettrait
d’échapper à la rente que prélève
Western Union sur ce qu’ils en-
voient à leurs proches dans leur
pays d’origine. Le projet (…) sera
finalement torpillé par Western
Union malgré l’appui initial du Mi-
nistre des Finances belge et du
Roi du Maroc, qui saluera le projet
à grand renfort de publicité en le
faisant premier lauréat du salon
des inventeurs.
 
(…) Souhail Chichah est débauché
par la Loterie Nationale qui lui pro-
pose une place dans son Collège
de direction. Il devient directeur
commercial de la Loterie, véritable
vache à lait pour les pouvoirs pu-
blics et antichambre de relations
Sa déception vis-à-vis des partis
et des syndicats ne lui a pas ôté le
goût de la politique, mais il l’envi-
sage maintenant à partir du travail
scientifique : l’Université lui paraît
être un bon terrain pour travailler
sans compromission aux thémati-
ques qui l’intéressent. (…) il choisit
l’ULB qui lui offre un espace de li-
berté plus grand et une pression
moins importante pour travailler
à une thèse d’économie qui n’est
pas dans l’air du temps : un de ses
volets concerne la crise de surac-
cumulation du Capital, un autre
l’économie de la discrimination,
l’une et l’autre en rupture avec la
perspective néo-classique domi-
nante dans le milieu académique.
Très actif au moment de l’occupa-
tion du hall omnisports de l’Uni-
versité par plus de 200 sans-pa-
piers à l’automne 2008, Souhail
Chichah parvient à leur organiser
une rencontre avec Elio Di Rupo
dans le hall occupé, au grand dam
des autorités universitaires qui
jusque là dénonçaient l’occupa-
tion et mettaient en demeure les
occupants de vider les lieux.
troubles entre le politique et le big
business. Entré en conflit avec le
Ministre de tutelle (Rick Daems —
VLD), il quitte la Loterie Nationale
et, pendant trois ans, offre ses
services de consultant en straté-
gie et dans la gestion de différents
grands projets à l’étranger.(…)
L’engagement de Souhail l’amène
aussi à s’occuper pendant un an
de la gestion d’une salle de sport :
il convainc le propriétaire (une star
des arts martiaux) de mettre à dis-
position l’infrastructure qui sera
gérée en coopérative avec des In-
digènes sans-papiers ou sans em-
ploi. Si l’expérience tourne court,
elle permet cependant à certains
de décrocher travail et permis de
séjour.
La position politique de Souhail,
reposant entre autres sur l’anti-
capitalisme et la dénonciation de
l’indigénat, n’est décidément pas
soluble dans le champ politique
institutionnel. Afin de s’ouvrir un
espace d’expression, il participe à
la fondation des Indigènes de Bel-
gique dont il sera le premier pré-
sident.
Chercheur au département d’éco-
nomie appliquée tde l’ULB, Souhail
fait partie d’une équipe interuni-
versitaire chargée d’accompagner
l’INAMI dans la modélisation du
financement des soins de santé
en Belgique. Depuis 2008, il est
nommé assistant et donne les tra-
vaux pratiques d’économie poli-
tique dans plusieurs sections de
l’ULB tout en préparant une thèse
de doctorat. De front avec ses re-
cherches académiques, il dispense
des cours d’Économie politique à
l’Institut Cardijn jusqu’en 2010. En
2011, l’Université de Lyon-2 (Fran-
ce) lui propose de donner un cours
d’économie de la discrimination
dans le cadre d’un master nouvel-
lement créé.
En décembre 2010, sa participa-
tion à un débat du Cercle du Li-
bre Examen de l’ULB sur la liberté
d’expression fait de lui la cible de
multiples attaques de la part de
membres du corps académique et
d’autres associations communau-
taires. Ce qu’on appelle désor-
mais «l’affaire Souhail Chichah»
s’envenime : elle expose en plei-
ne lumière les contradictions de
l’Université quand elle est mise
au défi de mettre en pratique les
valeurs qu’elle proclame.
Cette polémique n’est sans dou-
te pas close. Elle a déjà suscité
la création du CRI — Collectif de
Réflexion Indigène, qui rassem-
ble des personnes d’âges et de
parcours socio-professionels très
différents afin de réfléchir, à
partir de leurs expériences, à la
place réservée en Belgique et en
Europe aux descendants de l’im-
migration postcoloniale.
Que Souhail Chichah en soit un
membre actif n’est pas étonnant.
 
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Les méthodes journalistique très douteuses de M. MARC METDEPENNINGEN: calomnier d’abord et interroger ensuite

Nous poublions 2 articles de M. MARC METDEPENNINGEN,

le 1er: « L’ULB dénaturée et menacée par des assassins de la démocratie », MARC METDEPENNINGEN, 08 février 2012
le 2nd: Souhail Chichah, après le bla-bla, METDEPENNINGEN,MARC, 18 février 2012

Il a fallu à M. METDEPENNINGEN pour se dire qu’il faudrait peut-être interroger M. Chichah après l’avoir diffamé. Mais il a fallu attendre 10 jours… 

« L’ULB dénaturée et menacée par des assassins de la démocratie »

Accusée d’« islamophobie », l’essayiste française a dû renoncer à s’exprimer, alors qu’elle était invitée à débattre de l’extrême droite à l’ULB.  

Une poignée d’énergumènes, revêtus de keffieh et de burqas, sont parvenus, mardi soir, à faire taire un débat sur l’extrême droite organisé dans l’enceinte de l’ULB. Les autorités académiques se sont déclarées « consternées » et « scandalisées » par cet « attentat contre la liberté d’expression » commis au coeur même de l’Université de Bruxelles, temple du débat d’idées.

Caroline Fourest, l’essayiste et journaliste française, auteure d’une biographie fouillée sur Marine Le Pen, candidate du Front national à l’élection présidentielle, venait d’entamer le débat avec Hervé Hasquin, l’historien, ancien recteur et président du Conseil d’administration de l’ULB, lorsque des vociférations haineuses déboulèrent des rangs arrières de l’auditoire K. Les manifestants, hurlant « Burqa Bla-bla », des injures et des gros mots, entendaient dénoncer « l’islamophobie »dont ils affectent Caroline Fourest.

Un assistant à l’ULB à la baguette

En mars 2007, les mêmes excités avaient déjà tenté, lors d’un débat à l’ULB, d’entarter la journaliste française.

L’organisateur de cette manifestation n’est autre que Souhail Chichah, lui-même assistant à l’ULB. Il s’était déjà signalé dans le passé pour ses prises de position en faveur de « l’humoriste »Dieudonné, transfuge du rire dans les bras de l’extrême droite et de l’antisémitisme. Chichah n’avait pas fait mystère, sur les réseaux sociaux, de sa volonté d’empêcher Caroline Fourest de s’exprimer. Il avait lancé, il y a quelques jours un appel à une « Burqa Pride », qui devait consacrer la « lapidation de Caroline Fourest ». Ses partisans, qui déversent, tout comme lui, leur haine d’Israël et des « Blancs » sur les réseaux sociaux, avaient répondu à son appel.

« Ca n’arrive qu’en Belgique »

Une quarantaine de ces hurluberlus vociférant ont réussi à prendre place dans l’auditoire, au milieu d’anciens étudiants de l’ULB, consternés par cette « prise de pouvoir des fascistes » dans l’enceinte de leur université, comme le disait l’un d’eux. Guy Haarscher, le modérateur du débat, et le recteur Didier Viviers ont pris la décision d’interrompre le débat. Caroline Fourest, qui fit front aux perturbateurs, fut écartée de la salle par les services de sécurité. Le recteur, nous a-t-il annoncé, saisira le Conseil de discipline du cas Chichah.

Caroline Fourest nous a confié « ne pas comprendre pourquoi ce genre de débordements n’a lieu qu’en Belgique. Je donne des conférences partout dans le monde, jamais rien n’arrive, sauf ici. Ces gens ont pris le pouvoir dans l’Université. Je n’y viendrai plus».

Les associations étudiantes condamnent l’action

Ce mercredi, l’Union des anciens étudiants, le cercle du Libre Examen et l’association des cercles étudiants de l’ULB ont fermement condamné les événements qui se sont passés la veille au sein de l’Alma mater. « Nous avons honte des méthodes fascisantes ayant empêché la tenue d’un débat dans la maison du Libre examen. Nous déplorons le comportement détestable et honteux de certains membres de notre Alma Mater, sachant que la naissance de cette mascarade émane d’un chercheur de notre université, Souhail Chichah », ont-ils dénoncé.

Les associations étudiantes souhaitent « ardemment revoir Mme Fourest » à l’ULB et demandent aux autorités de prendre « les mesures qui naturellement s’imposent ».

 

 

Souhail Chichah, après le bla-bla
 
Le chercheur de l’ULB, acteur contesté de la « Burqa bla-bla » à l’ULB, réfute les arguments de ses détracteurs.
 
Souhail Chichah, une semaine après votre « Burqa Bla-bla » à l’ULB, le politique, les médias, le monde académique vous ont, à la quasi-unanimité, condamné. Vous êtes surpris par cette levée de boucliers ?
Terriblement surpris. Pour moi elle exprime une véritable hystérie raciste. Que des gens aillent jusqu’à pétitionner pour demander mon licenciement (NDLR : 4.500 signatures) ; qu’un juriste comme Me Uyttendaele dise qu’il faut exclure Chichah (de l’ULB) : il faudrait peut-être rappeler à ce brillant juriste les notions de présomption d’innocence et de droit à la défense. Que des gens demandent qu’une commission disciplinaire soit organisée pour juger ce que j’ai fait, ça, je l’entends bien, mais que déjà on anticipe la comparution devant la commission disciplinaire pour demander la sanction, on n’a même pas fait ça pour Dutroux ! Ce qu’on me reproche à juste titre, c’est d’avoir participé à un chahut. Ce qu’on me reproche injustement, et je peux le démontrer, c’est d’avoir censuré Caroline Fourest.
Votre intention était quand même de ne pas la laisser s’exprimer ?
Mon intention n’était pas de l’empêcher de parler. Sur les vidéos tournées, le président de séance Guy Haarscher me prend à partie nommément. Il a cette phrase terrible : « J’ai toujours su que vous aviez une burqa dans la tête. Merci pour votre coming-out ». Cette phrase est surtout inacceptable dans la bouche d’un collègue. Pourquoi est-ce qu’il le fait ? Très certainement pour discréditer ma parole. J’en ai appelé à la solidarité de la salle en scandant « burqa bla-bla » et j’ai entamé l’exposé de mes motifs. Qu’est ce qui motive le chahut ? Le problème, ce n’est pas l’extrême droite, mais bien les thèses d’extrême droite. Et le fait qu’elles soient reprises par des gens qui se disent à gauche ne les rend pas plus honorables. J’interpelle Mme Fourest sur son texte « The War for Eurabia » (un article publié dans le Wall Street Journal en 2005), elle fait un signe à la régie et mon micro est coupé.
Vous n’auriez pas pu prendre la parole lors de la partie questions-réponses de ce débat ? Pourquoi cette action démonstrative ?
Pour, d’abord, le double standard en matière d’expression à l’Université. Il n’est pas normal que des gens puissent avoir une tribune libre ou au contraire être censurés en fonction de leur condition sociale. J’accuse l’Université, j’accuse le recteur, de m’avoir déjà censuré et de ne pas s’être émus lorsque Sosnowski et ses comparses ont chahuté la conférence à laquelle je participais (en septembre) et qui s’est terminée aussi abruptement. Là, ça n’a ému personne.
Deuxièmement, je crois qu’on peut discuter si Fourest est raciste ou pas. Les participants pensent qu’elle est raciste. La thèse développée par son article « War for Eurabia » est portée par toutes les extrêmes droites. Je rappelle que le terme Eurabia revient comme un refrain dans les écrits de Breivik (le tueur norvégien, NDLR). Je ne dis pas que Mme Fourest est raciste. Je dis que ses énoncés sont racistes. Que cet article est musulmanophobe. Que Mme Fourest ne fasse pas l’objet d’un débat contradictoire, c’est choquant. C’est cela qui provoque la colère des participants.
Vous dites promouvoir la liberté d’expression et être favorable à de vrais débats. Ce soir-là, ça a raté.
Ça m’a fait penser à ces scènes de football où l’attaquant ne pouvant pas marquer le but se laisse tomber pour réclamer un carton rouge contre son adversaire. A un certain moment, le recteur a annoncé la suspension des débats. Les manifestants ont quitté la salle. Rien n’empêchait le débat de reprendre. Nous condamnons le fait que les autorités académiques ont décidé d’arrêter ce débat. S’il y a un espace où les chahuts ont leur place, c’est dans les universités et dans les parlements.
« Burqa Pride », ce titre était une manière de mettre en cause l’homosexualité de Caroline Fourest ?
Absolument pas. Je dénonce clairement l’homophobie. C’est un racisme. Au même titre que le sexisme, l’antisémitisme, la musulmanophobie.
Ça veut dire quoi, « Burqua bla-bla » ?
C’est le titre d’un article de Serge Halimi, du « Monde diplomatique ». La Burqa bla-bla, c’est dire que le cœur de la discussion publique est occupé par des discussions marginales. En Belgique, la burqa n’est portée que par 30 personnes. Ce débat voile les questions principales actuelles que sont le chômage, la pauvreté, les pensions, l’éducation, les acquis sociaux. Les victimes du burqa bla-bla, ce ne sont pas les musulmans, c’est la société, les travailleurs, les pensionnés.
Vous parlez de social, mais vous vous en référez – islamophobie et musulmanophobie – à des discriminations en raison de la religion.
Il y a deux éléments dans la communication. Il y a le rejet du racisme. Et le rejet du racisme comme discours de crise. Il n’est pas étonnant que, comme dans les années 30, l’arabophobie au point de vue de la forme, c’est aujourd’hui comme l’antisémitisme d’alors.
C’est un engagement religieux de votre part ?
Je ne me dis ni musulman ni non-musulman. Soit on me dit que la religion participe du débat public et j’en parle. Soit on me dit qu’elle ne participe pas et je n’en parle pas. Ma position est politique. Je n’énonce rien de religieux. Ma posture est anticapitaliste et elle lutte contre l’indigénat, contre l’infériorisation sociale de l’immigration post-coloniale. Ce que je souhaite pour les descendants de l’immigration, c’est qu’on ne leur colle plus une étiquette religieuse. Vous avez vu l’étiquette dont on m’a affublé : intégriste et islamique !
Vous allez à la mosquée ?
Non, je n’ai aucune pratique religieuse. Mais j’ai un combat religieux, c’est la justice sociale. Je suis toujours du côté des dominés. Dans les années 30, je me serais défini comme juif. Tant qu’il y aura de la musulmanophobie, je me définirai comme musulman. Dans une enceinte homophobe, je suis pédé. Face à un sexiste, je suis une femme.
Au sein de la communauté musulmane, n’y a-t-il pas une victimisation excessive ?
La réalité est celle-là : 56 % de pauvreté, 53 % de taux de chômage.
C’est la faute à qui ?
Ma spécialité c’est l ’économie de la discrimination. Ma thèse de doctorat montre que le capital scolaire joue contre la chance d’emploi pour différentes populations. Et a contrario, le fait de ne pas avoir fait d’études joue pour elle. Par exemple, si on est représenté comme noire, c’est parfait pour être madame pipi, car ce qui intéresse l’employeur pour des tâches non qualifiées, c’est le bas salaire. Pour les tâches qualifiées, ce sont ceux qui ont le meilleur capital social qui sont privilégiés.
Vous en êtes le contre-exemple ?
Oui et non parce qu’en tant qu’intellectuel, je n’ai pas les mêmes droits à l’ULB que quelqu’un d’autre.
C’est quoi cette notion d’indigénat ?
C’est refuser à des gens de participer à la production de normes sociales au nom de leur généalogie. Le Blanc, à l’inverse, ne doit pas justifier de sa généalogie pour participer au débat public. Il sera peut-être contesté pour son origine sociale ou son éducation. Le Blanc est le complément de l’Indigène. Je me bats pour qu’il n’y ait plus de Blancs et d’Indigènes, dans un monde où ces mots n’auront plus de sens.
On vous reproche d’avoir soutenu Dieudonné, l’humoriste tombé dans l’antisémitisme…
Lorsque j’ai entendu le premier énoncé raciste dans la bouche de Dieudonné, je l’ai condamné.
Vous avez été invité à Téhéran ?
Oui, j’étais invité à parler à l’Université des approches idéologiques au cinéma. J’ai appris par hasard qu’un prix devait être remis à Faurisson (le révisionniste) et je n’ai donc pas fait le voyage

Source:
http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2012-02-08/l-ulb-denaturee-et-menacee-par-des-assassins-de-la-democratie-895845.php
http://archives.lesoir.be/souhail-chichah-apres-le-bla-bla_t-20120218-01U4WL.html

 
 
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Dans la catégorie des « Expert Chronikers », Mme Caroline Fourest qui a reçu la Banane d’or pour son intervention lors d’une convention du PS sur l’Egalité réelle en décembre 2010. [Les Y’a bon Awards distinguent ce qu’ils estiment être les pires déclarations xénophobes et/ou racistes (caricaturals, derapages,…) tenus par des personnalités médiatico-poliques.]

Dans la catégorie des « Expert Chronikers », Mme Caroline Fourest qui a reçu la Banane d’or pour son intervention lors d’une convention du PS sur l’Egalité réelle en décembre 2010.
[Les Y’a bon Awards distinguent ce qu’ils estiment être les pires déclarations xénophobes et/ou racistes (caricaturals, derapages,…) tenus par des personnalités médiatico-poliques.]

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[ArcelorMittal et Alain Destexhe chahutés à l’ULB]

source: http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/1398248/2012/02/22/ArcelorMittal-annule-sa-venue-a-l-ULB-par-peur-de-debordement.dhtml

ArcelorMittal annule sa venue à l’ULB par peur de débordement

22/02/12 – 11h49 © photo news.

Il semble qu’ArcelorMittal ait du mal à assumer sa décision de fermer son site de Liège et de mettre à la porte 3.000 personnes. La société a en tout cas préféré renoncer au JobDay de l’ULB par crainte de débordement.

© photo news.
© photo news.

Il faut dire que les débats de l’ULB ont mauvaise presse ces dernières semaines. Après le chahut de « burqua-bla-bla » organisé par Souhail Chichah, assistant au sein de l’université bruxelloise, à l’encontre de  Caroline Fourest qui devait s’exprimer sur l’extrême droite, puis de l' »encrêpage » d’Alain Destexhe il y a quelques jours, les critiques fusent.

Difficile, dès lors, d’oser venir tenir une conférence lors du JobDay de ce mercredi alors qu’on vient de supprimer 3.000 postes malgré le fait que le géant de la sidérurgie ait engendré « quelque 2,3 milliards de bénéfice ».

Encore plus inquiétant lorsqu’on sait que les étudiants FGTB-Bruxelles ont émis des critiques envers les organisateurs suite à cette invitation et s’étonnent de « la possibilité ouverte à ces tristes sires de rencontrer une pelletée de futurs et de nouveaux diplômés de notre Maison, maison à la tradition critique » dans un courrier cité par « Le Soir ».

Ajoutant que si le concept du Jobday est une initiative neutre, « vous ne nous enlèverez pas de l’idée que, dans certaines situations aussi délicates, le choix d’inviter certains individus ou non relève du choix politique ».

Les étudiants socialistes avaient donc annoncé des actions pour manifester leur désaccord: des métallurgistes avaient été invités et des tracts avaient été imprimés, mais ceux-ci ne seront peut-être pas distribués. En effet, face à cette fronde, ArcellorMittal a préféré renoncer à la journée d’information.

L’entreprise a expliqué craindre « une nouvelle menace de chahut, de censure ou de dégradation de l’image de leur Alma Mater au nom de revendications fort puériles et émotionnelles ». (ca)

© photo news.

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« Caroline Fourest, les fours crématoires et la Syrie », 27 février 2012, par Alain Gresh dans « le monde diplomatique »

Caroline Fourest, les fours crématoires et la Syrie

lundi 27 février 2012, par Alain Gresh

source: http://blog.mondediplo.net/2012-02-27-Caroline-Fourest-les-fours-crematoires-et-la

Le 25 février, dans sa chronique hebdomadaire du Monde, « Les yeux ouverts sur la Syrie », Caroline Fourest écrit : « D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ? »

On ne présente plus Caroline Fourest, porte-parole de l’islamophobie « de gauche », toujours soucieuse d’équilibre et de raison, surtout quand il s’agissait de justifier les dictatures égyptienne ou tunisienne. Depuis, elle est partie en guerre contre le président Moncef Marzouki et le gouvernement tunisien avec une hargne qu’elle n’a jamais eue contre la dictature de Ben Ali.

Mais revenons à son « information » sur la Syrie. Un four crématoire ? Si, comme cela est évident, l’information est fausse (à supposer qu’il veuille en construire un, le gouvernement syrien a-t-il vraiment besoin de l’aide de Téhéran pour ce faire ?), elle pourra répliquer : mais j’ai pris mes précautions, j’ai cité une source. Le problème, c’est qu’un journaliste doit recouper ses sources et se demander pourquoi Al-Arabiya, chaîne inféodée à l’Arabie saoudite publie une telle « information ». Et qui est le groupe d’opposants iraniens ? Elle ne le dit pas. Est-ce que ce sont les Moudjahidin du peuple ? Constituent-ils une source crédible ?

Un four crématoire fait évidemment penser au génocide nazi. En reprenant ces termes, Fourest sait qu’elle facilite l’équation : régime iranien = régime nazi, ce qui est le discours de tous ceux qui préparent une intervention militaire contre « le nouvel Hitler ».

Ironiquement, dans la page d’à côté du quotidien est publié un billet de Michaël Szadkowski, « Syrie : la guerre des commentaires », repris, sous une autre forme, par le blog Rezonances, celui des médiateurs du Monde.fr

Il dénonce, à juste titre, la propagande du régime syrien, dont l’outrance est patente. « Au Monde.fr, nous ne sommes pas dupes non plus, devant ce nouveau cas de remise en cause du travail traditionnel des journalistes. Les stratégies de communication du régime de Bachar Al-Assad sont élaborées au plus haut niveau et visent à discréditer l’opposition syrienne en faisant passer le plus largement possible le message : il s’agit de “bandes armées” terroristes ». Mais si cette propagande est outrancière, cela justifie-t-il toute action de l’opposition ? L’occultation de l’usage de la violence, y compris confessionnelle, par certaines de ses composantes ? La propagande de certaines forces d’opposition ?

Et que pense le médiateur du Monde de cette « information » sur le four crématoire ? Et-ce une information « dégagée de toute idéologie » comme l’est, paraît-il, celle du monde.fr ?

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Critiquede l’edito honteux « ULB : un attentat contre la pensée » de Mme Bétarice Delvaux et paru dans le soir le 9 Février 2012 + commentaire du site burqablabla.info

Critiquede l’edito honteux « ULB : un attentat contre la pensée » de Mme Bétarice Delvaux et paru dans le soir le 9 Février 2012  + commentaire du site burqablabla.info

Nos commentaires sont en en bleu et en italique dans le texte

Source:
http://www.burqablabla.info/edito-lesoir-ulb-un-attentat-contre-la-pensee/http://www.lesoir.be/debats/editos/2012-02-09/ulb-un-attentat-contre-la-pensee-896152.php

ULB : un attentat contre la pensée
(Nous considérons votre emploi du mot attentat inapproprié et très orienté dans le contexte actuel)

BEATRICE DELVAUX, Editorialiste en chef du journal « Le soir »

 jeudi 09 février 2012, 07:17

Souhail Chichah déshonore la démocratie belge (nous signalons à Mme Delvaux que le 2e parti en Belgique est un parti d’extrême droite) qui permet à chacun dans ce pays de disposer d’un espace d’expression (plusieurs personnes ont été censurées à l’ULB de façon injustifiée par la direction de celle-ci ou ne sont pas autorisées à parler ou seulement autorisées à parler en présence de contradicteurs), de vivre sa liberté de façon extrêmement large, multiple, dans l’acceptation de la différence, notamment d’opinions. L’assistant qu’il est déshonore aussi sa fonction et la profession universitaire (pourtant de nombreux universitaires et intellectuels de renom le soutiennent dans sa démarche de revendication de sa lberté d’expression…). Car sa prestation, mardi soir, dans cet auditoire de l’ULB, au-delà d’être ridicule (nous la trouvons justifiée au vu de ce qu’il subit au sein de l’ULB depuis mais bien entendu vous n’en parlez pas dans cet edito), n’est porteuse d’aucun des éléments qu’un académique est censé transmettre aux jeunes qui fréquentent une université : transfert de savoirs mais aussi de la culture du débat, et des outils pour le développement d’une pensée indépendante. La forme talibanesque (vous parlez de fondamentalisme musulman pour une action politico-satirique qui n’a rien à voir avec les talibans. Nous trouvons l’usage de ce terme totalement inapproprié, totalement disproportionné et aurions aimé que vous parlez du fonds de l’action au lieu de vous attarder sur les formes sans même expliquer le slogan), le fond inexistant de son intervention ne donnent ni à réfléchir ni matière à débat (A notre avis Mme Delvaux n’a pas visionné l’intervention de M. Chichah et n’a pas lu le texte de Mme Fourest sur L’eurabia ainsi que la demande d’un débat contradictoire ignoré ainsi que l’absence de contradicteur imposé pour d’autres au sein de l’ULB). Que quiconque fasse ainsi une telle démonstration d’intolérance est déjà condamnable ; que ce soit un assistant qui pose des actes d’une telle inanité, brouillant toutes les pistes intellectuelles, en intervenant dans un débat contre l’extrême droite en parlant d’islamophobie (!) (oui d’islamophobie qu’elle soit de gauche ou de droite et justement le texte de Mme Fourest développe une que nous thèse que nous jugeons raciste mais bien sûr vous n’en parlez pas ici), est disqualifiant. M. Chichah n’a plus sa place dans un corps académique (En quoi êtes-vous habilitée à juger de cela ? Sur une vidéo youtube tronquée ? Nous vous invitons à prendre connaissance du parcours académique et professionnel de M. Chichah), et l’a d’autant moins que ce corps-ci se fonde sur le libre examen :

il en a trahi tous les principes, il en a violé tous les codes (Il a été censuré à plusieurs reprises au sein de L’ULB, menacé verbalement et physiquement et a failli être agressé à l’arme blanche et cela sans aucun émoi de sa hiérarchie ni des médias. De nombreux intellectuels affirme qu’il a fait honneur aux valeurs de l’ULB).

Mais ce ne sont ni M. Chichah ni Mme Fourest qui sont les perdants ici, mais l’ULB. Qui, après les problèmes de gouvernance interne des derniers mois, pourrait donner aux parents, aux jeunes, l’impression d’être, en plus, noyautée par des groupes intolérants (des groupes intolérants ? Auriez-vous des sources de cela ? Ou avez-vous basé votre article sur vos propres impressions ?). L’ULB, lieu de la libre expression et de la libre-pensée, a les allures soudain d’un bateau idéologique et sociologique à la dérive.

L’ULB, université urbaine par excellence, qui a pour mission, depuis l’origine, d’être un ascenseur social pour les jeunes de cette ville, est dès lors le reflet naturel de ce qu’est Bruxelles, multiculturelle, avec une composante musulmane forte (ah bon ? que veut dire une composante musulmane forte au sein de l’ULB ? Comment pouvez-vous mesurer cela ?). La coexistence de jeunes aux revendications et à l’identité religieuse affirmées avec la laïcité qui fait l’essence de l’ULB est d’une complexité croissante (Nous vous le répétons ce n’était pas une action religieuse même si la majorité de la presse a présenté cela ainsi pour ensuite ne pas reconnaitre qu’une intox a été véhiculée).Mais il est urgent et vital, que l’ULB, souvent terrifiée à l’idée d’être taxée d’interventionnisme (bien sûr aucune source…), garantisse les valeurs qui sont à la base de sa création. Elles fondent sa tolérance. Et sa légitimité à interdire tout attentat contre la pensée.

Editorialiste en chef

LE COMMENTAIRE de burqablabla.info

Cet édito fait honte à la profession journalistique. Au-delà de son contenu, le titre dont il se pare constitue en soi une banalisation suspecte de la notion d’“attentat”. Le TLFi en donne une définition : “Entreprise criminelle perpétrée contre une personne ou contre une communauté, et particulièrement dans un contexte politique”. L’utilisation de cette notion pour désigner un chahut, dans un contexte international de “lutte contre le terrorisme”, est doublement inquiétante. Elle comporte une connotation criminelle renvoyant directement à l’idée largement répandue d’attentat contre la sécurité d’un Etat et/ou d’atteinte à l’intégrité physique d’individus. Et corollairement elle vide de sa substance une notion pénale en la sacrifiant sur l’autel de l’excès et de la disproportion.

Par ailleurs, cet édito donne l’occasion à son auteure de resservir, à son tour, à l’opinion publique une arme de confusion massive : une mise en perspective entre d’une part la “composante musulmane” de Bruxelles et d’autre part la laïcité. En substance, l’auteure écrit que la coexistence entre cette dernière et des “jeunes aux revendications et à l’identité religieuse affirmées” est “complexe”. Or, cette complexité n’existe que dans l’esprit de Madame Delvaux et de ses multiples avatars. C’est en tant que laïques de confession musulmane que nous le lui affirmons. De surcroît, ce que Madame Delvaux appelle “revendications” ne sont en réalité que l’exigence que les droits fondamentaux, tels qu’ils sont consacrés dans nos instruments de protection des droits humains, bénéficient aux citoyens de confession musulmane au même titre qu’ils bénéficient à tous les autres citoyens de notre pays.

Enfin, s’il fallait un instant reproduire la même terminologie toxique que Madame Delvaux, nous dirions que si un attentat contre la pensée a eu lieu, c’est bien l’édito qu’elle a commis.


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« Désacraliser l’Université Libre de Bruxelles », par Nordine Saïdi

Désacraliser l’Université Libre de Bruxelles

sources: http://www.egalite.be/?p=1892

Désacraliser l’Université Libre de Bruxelles

par Nordine Saïdi

Le mardi 7 février, se tenait un « débat » à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) sur le thème « L’extrême droite est-elle devenue fréquentable ? » auquel Caroline Fourest, l’islamophobe et « sérial menteuse » était invitée au coté d’Hervé Hasquin sous la « modération » de Guy Haarscher.

Pour moi, participant actif de l’action « Burqa bla bla » /« Burqa pride », la réponse à la question « L’extrême droite est-elle devenue fréquentable ?  » est clairement : « Oui » !

Il suffit de voir le nom des intervenants !

Hervé Hasquin, ancien professeur à l’ULB connait très bien son sujet. Déjà  en 1990,  il disait : « On ne peut nier, tout particulièrement en Région bruxelloise, que la densité d’étrangers extra-européens, très éloignés de nos traditions culturelles et philosophico-religieuses, posent d’autant plus de problèmes que beaucoup d’entre eux ne sont pas soucieux de s’intégrer dans nos populations (…). Le « seuil de tolérance » (…) a été atteint à maints endroits. »

Guy Haarscher, membre du Rappel (Réseau d’action pour la promotion d’un État laïque.) chroniqueur régulier de la revue Regards du Centre Communautaire Laïc Juif, membre fondateur de l’association « Les Amis Belges de Shalom Archav », dont les statuts stipulent être « Attachée inconditionnellement à l’existence de l’Etat juif. » (http://www.shalomarchav.be/IMG/pdf/doc-8.pdf )

Caroline Fourest dans sa fameuse chronique du Wall Street Journal, du 2 février 2005 intitulé « The War For Eurabia », déclarait : « En Europe, [Les islamistes] tirent avantage de la liberté d’expression et de la démocratie tout comme de l’échec des Arabes à s’intégrer. Ici, ils recrutent comme bon leur semble. […] L’Occident est utilisé comme un formidable camp de base pour recruter de nouvelles troupes. Avec elles, les islamistes espèrent prendre leur revanche en Orient ».

Des « lumières » pour l’ « illuminé » d’Anders Breivik, qui a développé dans son manifeste les mêmes idées que celle de Caroline Fourest sur l’ « Eurabia ».

En quelque sorte, ce jour-là était bien un fameux « mardi noir».

« Ce noir constat m’oblige à prendre des risques, à libérer ma pensée, à devenir un journaliste, un fugitif, un dénonciateur, un haut-parleur, trop souvent placé au centre du viseur » (Shurik’n).

Face à cette tribune libre, un groupe d’une cinquantaine de personnes dont je faisais partie, a décidé d’organiser une action citoyenne afin de ne pas laisser la parole raciste se déverser sans aucune résistance. Caroline Fourest a un grand espace médiatique contrairement à ceux qu’elle stigmatise.

Un véritable lynchage médiatique, qui n’a d’autre but que de noyer toutes revendications légitimes de stricte égalité et de respect de tous les citoyens, en ce compris les citoyens belges issus de l’immigration, s’est opéré en moins de 24 heures. Tous les violons de l’intelligentsia étaient réglés afin de condamner unanimement cette action plus humoristique qu’autre chose.

Le chahut est-il à ce point une méthode indigne que tous les médias ont trouvé une occasion de se ridiculiser, alors que l’ULB a toujours été le théâtre de nombreux chahuts ?

Souhail Chichah met le doigt où ça fait mal

Souhail Chichah sera-t-il licencié parce que nous avons dénoncé et chahuté cette réunion nauséabonde?

Si un tel déferlement de violence est organisé et orchestré à si grande échelle à l’encontre d’un seul individu, c’est que le discours politique critique qu’il véhicule met le doigt là où cela fait mal !

Souhail Chichah, chercheur à l’Université libre de Bruxelles a le mérite de ne pas s’aligner parmi les nombreux défenseurs de l’État d’Israël…

Il ne se passe pas de semaine sans que l’islam ne soit dénigré et les musulmans  stigmatisés par ces mêmes défenseurs de l’État d’ Israël.

Cette action citoyenne aura eu le mérite de faire tomber les burqas sous lesquelles se cachent les problèmes sociaux et de dévoiler la parole islamophobe ainsi que le racisme structurel de cette société.

Notre groupe, qui n’avait aucune homogénéité, fut qualifié unanimement d’«islamiste»,« terroriste », « fanatique », qui aurait commis un « attentat » en ce  « mardi noir »,  où « nous avons été pris en otage », alors qu’il aurait suffi de parler de gens opposés à l’islamophobie.

On peut dire que nous avons fonctionné sur les modèle des « Occupy » qui est un mouvement de résistance de gens de diverses couleurs, sexes et convictions politiques, sans meneur. La seule chose que nous avons tous en commun, c’est d’être ces 99% qui se refusent à tolérer plus longtemps la rapacité et la corruption des 1%.

La forme ayant pris plus de place que le fond, venons-en au réel débat !

Si je dois décrire la composition du groupe de Burqa Blabla, je dirai qu’il s’agissait surtout des personnes issues majoritairement du …croissant pauvre de Bruxelles.

Ces même communes où se concentrent les plus pauvres, où se trouve la plus grande concentration de chômeurs, la plus haute densité de population, le plus faible niveau de scolarité, la population la plus jeune, et où l’espérance de vie même y est moindre.

Bruxelles compte plus de cent cinquante nationalités et plusieurs langues. Cette particularité ne peut nous faire oublier que le problème fondamental est celui de la répartition des richesses et non le problème de l’origine nationale, de la religion, de la langue ou de la culture.

Nous refusons d’être caricaturés à des fins idéologiques afin d’attiser les peurs et la haine.

Decolonize U(l)B

Hasquin nous a demandé : « Vous êtes membres de la communauté universitaire ? »

Nous lui répondons : « Hasquin, on n’est pas des chiens ! Si tu veux débattre, tu nous invites devant ! Le temps des colonies, c’est fini ! ».
Personnellement, je ne suis pas de la maison, mais j’en paye le loyer. A ce que je sache l’ULB est une université essentiellement financée par l’État, en l’occurrence la Communauté française, donc par mes impôts. De plus ceux qui ont construit cette université, les vrais «bâtisseurs » n’y ont certainement pas envoyé leurs enfants.

Les « sujets » des études  sociologiques ne représentent même pas 5% de la population de l’université, nous refusons d’être sujets mais acteurs du débat.

Un de nos slogans est aussi « Cours Fourest ! Cours ! ». En effet, courez, fuyez, dégagez,  car nous construisons aussi chaque jour nos universités et le monopole de la parole ne vous est plus réservé.

Il existe plusieurs noyaux de résistance à la pensée dominante du moment, les premières étincelles se sont embrasées dans les pays arabes, où des centaines de milliers de personnes ont occupé les places et les rues afin de rappeler à leurs gouvernements que le peuple détient le véritable pouvoir.

Les  « sans-voix » se font entendre partout, ils sont leur propre « porte-parole », tout un chacun est son propre représentant.

L’objectif de ces « lumières » du temple de l’U(l)B n’est pas de lutter contre le racisme, ni même contre l’antisémitisme, mais de taire les voix de tous ceux qui osent crier trop fort.

Camarades, frères, arrêtez de vous demander pourquoi vous avez du mal à mobiliser dans les quartiers. Vos discours paternalistes et islamophobes peuvent parfois être repoussants.

Vous n’intégrez pas les différences et la spécificité des gens des quartiers. Le fait d’être traités comme des étrangers est la critique la plus fréquemment avancée parmi nous et ce  toujours sous le prétexte de défendre l’égalité des sexes et de protéger la culture occidentale.

En tous cas, les enfants d’immigrés se sentent de plus en plus réprimés et surveillés. Dans cette atmosphère de racisme croissant, les musulmans et musulmanes sont pointés du doigt. Nous sommes des enfants d’immigrés et d’ouvriers, nous avons une double raison d’avoir une conscience de classe.

Camarades, il s’agit d’une lutte des classes où les prolétaires sont majoritairement musulmans. Mais quand ceux-ci s’organisent et expriment leur colère, pour la gauche, ce n’est jamais de la bonne manière. Comme souvent, la gauche a cru bon de se distancier de l’action, soit en la condamnant sur le fond, soit en la condamnant au nom de considérations tactiques[1]. Une partie d’entre elle va même jusqu’à exiger des sanctions contre les protestataires.

C’est votre propre liberté, que d’assister, en spectateur servile à la mise à mort d’un homme dont le seul vrai crime aura été d’affirmer, avec d’autres, sa citoyenneté et sa vision égalitaire de la société.

Je le crie et continuerai à chaque fois que la parole islamophobe sera invitée à Bruxelles : on lui montrera qu’elle n’est pas la bienvenue.

Nordine Saïdi

Porte parole d’ ÉGALITÉ


[1] Le PS espère quant à lui que les « autorités de l’ULB feront au plus vite toute la lumière sur ces événements indignes d’une des plus grandes universités du pays, et que les mesures seront prises pour éviter que de telles méthodes puissent un jour se reproduire ».

PTB : Il est très clair que l’action menée à l’ULB contre Caroline Fourest a été contre-productive. Elle n’a en rien permis de révéler son discours nauséabond. Elle a permis de la faire passer pour une victime et a fait passer un message confus selon lequel ce serait des « intégristes musulmans » qui étaient à la base de l’action.

Henri Goldman : Le chahut de l’ULB fut un merveilleux cadeau à Caroline Fourest qui en est sortie à son avantage [1]. Comme l’écrivait sur son mur Facebook Mohssin El Ghabri, un ancien président du Cercle des étudiants arabo-européens : « C’est non seulement une faute stupide et irresponsable mais c’est aussi une trahison des combats menés en faveur de la liberté d’expression lorsque celle-ci était menacée par les thuriféraires de Fourest ». Il me semble que ce n’est pas trop demander à ceux et celles qui ambitionnent d’agir sur le réel d’anticiper les conséquences parfaitement prévisibles de leurs actes [2].

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